La micronutrition, à quoi ça sert concrètement

Par Isabelle Auger, naturopathe et praticienne en biorésonance sur le Bassin d’Arcachon ·

En résumé : la micronutrition s’intéresse aux vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés que l’alimentation apporte — ou n’apporte pas — au regard de ce que votre organisme consomme réellement. Elle ne cherche pas des carences franches, qui sont rares en France, mais des apports insuffisants pour vous, dans votre situation du moment. C’est une démarche d’ajustement, pas un traitement, et elle ne remplace aucun suivi médical.

Micronutrition et nutrition : deux questions différentes

La nutrition classique raisonne en calories, en protéines, en glucides et en lipides. Elle répond à la question « est-ce que je mange assez, et équilibré ? ».

La micronutrition pose une autre question : « est-ce que mon organisme reçoit ce dont il a besoin pour faire tourner ses réactions ? » Fabriquer de l’énergie dans une cellule, réparer un tissu, produire un neurotransmetteur, neutraliser un déchet — chacune de ces opérations réclame des cofacteurs précis. Du magnésium, du zinc, des vitamines du groupe B, du fer, des oméga-3. En quantités minuscules, d’où le préfixe, mais sans lesquels la réaction ralentit ou ne se fait pas.

D’où cette situation que je rencontre chaque semaine au cabinet : une assiette raisonnable, un bilan sanguin sans anomalie, et une personne épuisée. Les deux ne se contredisent pas. Les analyses de routine mesurent une poignée de paramètres, choisis pour détecter des maladies, pas pour décrire un fonctionnement.

Ce que disent les chiffres français

L’étude Esteban, menée par Santé publique France sur un échantillon national d’adultes et d’enfants recrutés entre avril 2014 et mars 2016, a mesuré les vitamines et minéraux dans le sang. Elle ne montre pas de carence généralisée dans la population.

Ce qu’elle montre, en revanche, est exactement ce sur quoi je travaille :

  • Vitamine D : un adulte sur quatre seulement atteint un statut jugé satisfaisant. La carence proprement dite touche 7 % des adultes, mais grimpe à 13 % chez les adolescents.
  • Fer : 20 % des femmes en âge de procréer ont des réserves complètement épuisées. 4 % présentent une anémie par manque de fer — le plus souvent sans être traitées.
  • Folates (vitamine B9) : le risque de déficit chez les femmes en âge de procréer a presque doublé entre l’enquête de 2006 et Esteban en 2015, passant de 7 % à 13 %.

Autrement dit : pas de catastrophe collective, mais des situations individuelles très inégales, et des populations qui décrochent sans que personne le remarque. La micronutrition travaille exactement là — dans cette zone entre « normal » et « optimal » que les seuils de laboratoire ne décrivent pas.

Sur la vitamine D, la géographie joue d’ailleurs contre nous plus qu’on ne le croit. Bordeaux et le Bassin d’Arcachon sont à près de 45° de latitude nord : de novembre à février, le soleil ne monte pas assez haut au-dessus de l’horizon pour que la peau en synthétise en quantité utile, quelle que soit la durée passée dehors. Vivre au bord de l’océan ne protège de rien pendant ces quatre mois.

Dans quelles situations elle apporte quelque chose

Je ne propose pas de plan micronutritionnel à tout le monde. Les motifs pour lesquels il change réellement quelque chose sont assez identifiables.

Une fatigue qui dure sans cause retrouvée. C’est le premier motif de consultation dans mon cabinet. Quand le bilan sanguin est normal et que l’épuisement persiste depuis des mois, il y a souvent un enchaînement à démêler : sommeil de mauvaise qualité, digestion qui absorbe mal, stress prolongé qui consomme davantage. C’est le travail de fond de la naturopathie.

Une digestion perturbée. Elle mérite d’être regardée en premier, parce qu’elle conditionne tout le reste : un intestin irrité absorbe mal, et le meilleur plan alimentaire du monde ne sert à rien s’il n’est pas assimilé.

Les périodes à forte demande. Convalescence, sport intensif, grossesse et allaitement, travail de nuit, ménopause, stress prolongé. Les besoins montent, les apports ne suivent pas toujours.

Les régimes restrictifs, choisis ou subis. Alimentation végétalienne, éviction du gluten ou des produits laitiers, appétit diminué chez les personnes âgées, suites de chirurgie bariatrique. Ce sont les cas où un complément n’est pas un confort mais une nécessité — la vitamine B12 par exemple, absente des aliments d’origine végétale non enrichis, chez les personnes qui ne mangent aucun produit animal.

Comment je travaille

Sept ans passés en micronutrition auprès des laboratoires COPMED, avant d’ouvrir mon cabinet, m’ont appris une chose : la difficulté n’est pas de connaître les nutriments, elle est de savoir lesquels comptent pour la personne assise en face de vous.

Le rendez-vous commence par un temps long d’échange. Votre histoire, depuis quand ça dure, ce que vous mangez vraiment — pas ce que vous devriez manger —, votre sommeil, votre transit, vos traitements en cours, vos analyses récentes si vous en avez. C’est la partie qui oriente tout le reste, et elle ne se délègue pas à un questionnaire.

Vient ensuite le bilan de biorésonance, une lecture d’ensemble que j’utilise comme support d’échange. Il ne pose aucun diagnostic : c’est un point de départ pour la discussion.

Le plan qui en sort tient sur une page. Il commence toujours par l’alimentation et l’hygiène de vie, parce que c’est là que se joue l’essentiel et que ça ne coûte rien. Les compléments n’arrivent qu’ensuite, ciblés, en nombre limité, avec une durée annoncée et un objectif précis. Puis on se revoit trois à quatre semaines plus tard pour vérifier ce qui a bougé et ajuster. Une recommandation qu’on ne réévalue jamais n’est pas de la micronutrition, c’est de la vente.

Ses limites, et elles comptent

Les compléments alimentaires ne sont pas anodins. Le dispositif de nutrivigilance de l’Anses a enregistré 478 déclarations d’effets indésirables en 2024. L’agence rappelle régulièrement la prudence sur les interactions avec les médicaments : à propos d’un cas d’hallucinations lié à un complément pour le sommeil, elle a retenu comme non exclue une interaction de la mélatonine ou du pavot de Californie avec certains traitements. Elle recommande par ailleurs de ne pas consommer d’ashwagandha en cas de pathologie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque, ni pendant la grossesse. Si vous prenez un traitement au long cours — anticoagulant, thyroïde, antidépresseur, chimiothérapie — dites-le, systématiquement, et à tous vos praticiens.

Plus n’est pas mieux. Certaines vitamines s’accumulent dans l’organisme, et les mégadoses ont leurs propres effets. Un plan sérieux comporte des quantités et des durées, pas des flacons à volonté.

La micronutrition ne traite pas de maladie. Elle ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement, ni votre médecin. Une fatigue qui s’installe mérite d’abord un avis médical : anémie, thyroïde, apnée du sommeil, diabète, dépression se dépistent, et aucun plan alimentaire ne les corrigera. Quand une consultation me paraît relever d’un médecin, je le dis et j’oriente.

Ce n’est pas immédiat. Un statut en vitamine D ou en fer se reconstitue en semaines, parfois en mois.

Par où commencer

Trois choses simples, avant même de prendre rendez-vous avec qui que ce soit.

  • Reprenez vos dernières analyses. Ferritine, vitamine D, numération : les chiffres sont souvent déjà là, jamais commentés autrement que par « c’est normal ».
  • Regardez votre assiette une semaine, sans rien changer. Notez ce que vous mangez réellement. C’est souvent plus instructif que n’importe quel test.
  • Ne commencez pas par acheter des compléments. C’est l’ordre inverse de celui qui fonctionne, et le plus coûteux.

Si vous voulez en parler, le premier échange téléphonique est offert : un quart d’heure suffit à voir ce qui se passe chez vous et par quoi commencer. Je consulte à Audenge et à La Teste-de-Buch, sur le Bassin d’Arcachon, et je me déplace à Bordeaux.

À retenir

La micronutrition n’invente pas des carences : elle ajuste des apports à votre situation, à un moment donné. Une ferritine à 12, un statut en vitamine D qui ne remonte pas de novembre à mars : ce sont des choses qui se corrigent, et l’énergie remonte souvent en quelques semaines quand on s’y prend dans le bon ordre. Commencez par reprendre vos dernières analyses et apportez-les-moi — la moitié des réponses y sont déjà, personne ne vous les a commentées. Et signalez systématiquement vos traitements : c’est là que se jouent les vraies interactions.

Sources : Santé publique France, étude Esteban 2014-2016, volet nutrition, chapitre dosages biologiques des vitamines et minéraux. Anses, rapport d’activité nutrivigilance 2024.

Questions fréquentes

Faut-il faire des analyses avant de commencer ?

Pas forcément, mais apportez celles que vous avez déjà. Ferritine, vitamine D et numération suffisent souvent à orienter, et elles ont fréquemment été faites sans jamais être commentées autrement que par « c'est normal ».

Combien de temps avant de sentir un changement ?

Comptez quatre à six semaines pour les premiers effets sur l'énergie et le sommeil, davantage pour reconstituer un statut en fer ou en vitamine D.

Peut-on faire de la micronutrition enceinte ou en allaitant ?

Oui, et c'est même une période où les besoins augmentent. Le cadre change en revanche : certaines plantes et certains dosages sont à éviter, et tout se fait en lien avec le suivi de grossesse. Dites-moi toujours où vous en êtes.

Les compléments vendus en grande surface valent-ils quelque chose ?

Cela dépend surtout des formes utilisées et des doses, plus que du lieu de vente. Un multivitamines générique pris sans raison précise ne sert généralement à rien. Mieux vaut deux compléments choisis pour une situation donnée qu'un cocktail acheté au hasard.

Les soins proposés ne se substituent pas à un avis, un diagnostic ou un traitement médical.

Portrait d'Isabelle Auger, naturopathe

Isabelle Auger — naturopathe et praticienne en biorésonance, en cabinet à La Teste-de-Buch et à Audenge, sur le Bassin d’Arcachon. Formation médicale en anatomie, physiologie et pathologie, puis sept ans de micronutrition aux côtés des laboratoires COPMED. Mon parcours

Parlons de ce qui vous amène

Le premier échange téléphonique est offert. Un quart d’heure suffit à cerner ce qui vous arrive et à vous dire par quoi commencer.

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